L'analogie de la caverne

"Imaginons ce que devient la compréhension du réel en l'absence d'éducation véritable.

Des gens dans une espèce de caverne, avec un côté ouvert à la lumière sur toute sa longueur. Ils y auraient été placés depuis leur plus jeune âge, entravés de telle sorte qu'ils ne puissent voir que de l'autre côté, et ne s'imaginent capables d'occuper aucune autre position, ni d'agir.

Un feu. Au-delà de l'ouverture à laquelle les prisonniers tournent le dos, un chemin en hauteur, bordé par une palissade, du type de celle qu'utilisent les illusionnistes de foire.
Au-dessus de la palissade, souvent, des chapeaux, des objets, des marionnettes, des figurines : elles se déplacent avec ceux qui empruntent le chemin, et il y a parfois des sons, des bruits, des mots.

Les gens dans la caverne ne peuvent voir autre chose que les ombres projetées par le feu sur le mur qui leur fait face.

Donc s'ils arrivent à parler entre eux, les réalités qui leur sembleront importantes à nommer seront nécessairement les ombres apparaissant, disparaissant, se déplaçant le long du mur.

Et chaque fois qu'un des passants fera entendre quelque chose, ils inféreront que le son entendu vient de l'ombre qui passe".

Platon, début de « L'analogie de la caverne », République, livre VII [514a-514b-514c dans l'édition de référence Etienne du texte grec].